Inspiration tabac

du 5 juin au 30 juin 2009

Apyres, infusibles et incombustibles… ces objets d’art liés au tabac. S’il prenait l’envie dans quelques centaines d’années à un archéologue de procéder à des fouilles sur la colline de Castellaras, juste au-dessus de Mougins, il serait tenté de croire, à la quantité astronomique d’huîtres qu’il découvrirait en cet endroit – et notamment dans un périmètre précis autour de la piscine – que la mer occupa plus longtemps ce lieu qu’on ne le pensait. Une analyse plus poussée des taches sombres maculant les nacres lui révèleraient pourtant qu’il s’agissait en fait de brûlures de cigarettes… Longtemps, les coquilles d’huîtres ont fait office de cendrier dans les réunions mondaines où l’on parlait beaucoup tout en fumant et en portant à ses lèvres une coupe de champagne. Exercice qui demandait quelques années de pratique! Et puis, un jour, une poignée de créateurs de génie, travaillant pour François Arnal ou pour Claude de Muzac, s’est dit qu’il était temps de faire quelque chose pour que cesse cette confusion entre tabac et gastronomie. Ils donnèrent naissance à une série d’objets extraordinaires qu’on appela «cendriers», aussi longtemps qu’ils eurent pour fonction de recueillir nos mégots, mais qu’on pourrait aussi bien nommer aujourd’hui des sculptures. Ce sont quelques uns de ces objets, inventés par des artistes comme Yonel Lebovici, Roy Adzak, Arman, Pierre de Thiersant… que la Galerie Parisienne (… rue de Lille) présente le temps d’une exposition autour du tabac. Assiettes à mégots de Hirst, créée pour quelques « Jet-Setteurs » patentés des années 60/70. A une époque bénie où l’on comptait davantage de bouchons de champagne que d’edelweiss autour du chalet de Gunther Sachs, à Megève. Allumettes de Raymond Hains ou reliques anthropophages, comme le fume-cigarette en os, or et pierres précieuses, créé par Salvador Dali pour le bijoutier new-yorkais Fulco di Verdura. Dans l’épilogue funèbre qui accompagne la mort du tabac, certains sont des signes avant-coureurs des temps difficiles qui arrivent, ainsi le cendrier d’Arman, au fond duquel il a gravé le mot «Cancer»… Puisse le cendrier, cet objet mallarméen par excellence, depuis qu’il ne recueille plus que des larmes, nous réveiller à la cause – sinon du tabac – du moins de l’art. Léopold Sanchez 

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