Les années 70 d’Hervé Fisher

Article lacritique.org par Florence-Valérie Alonzo
Article lacritique.org par Florence-Valérie Alonzo

LES ANNÉES 70 DHERVÉ FISCHER

 

UNE EXPOSITION DU 22 MARS AU 22 AVRIL 2012 À LA GALERIE PARISIENNE

 

« La pittura e cosa mentale », Leonardo da Vinci

Du 22 mars au 22 avril 2012, la Galerie Parisienne annonce le retour d’Hervé Fischer sur la scène française à travers un solo-show qui présente une quarantaine de ses œuvres « historiques », datant principalement des années 1970.

La galerie exposera notamment « La vie d’artiste », un album de douze sérigraphies sélectionnées par Pierre Restany, incluant un « mot décroisé », ses panneaux de signalisation imaginaires, ses tampons d’artiste comme simulacres institutionnels parodiant ironiquement la bureaucratie, la pharmacie Fischer, ses essuie-mains sur plastique ou sur toile, prônant une nécessaire « hygiène de l’art ». Ces travaux teintés d’un humour critique témoignent de l’engagement d’Hervé Fischer dans l’art sociologique.

Hervé Fischer, de « Art ! Avez-vous quelque chose à déclarer ? » à « Où va la Rue ? »

Les idées fondatrices de l’art sociologique, telles qu’Hervé Fischer les exprimait, questionnaient la fonction sociale de l’art (politique et symbolique) à l’encontre de l’obsession avant-gardiste de l’époque.Il a diffusé de nombreux textes polémiques et manifestes sur ses « travaux socio-pédagogiques » et placardé pendant plusieurs mois « Art ! Avez- vous quelque chose à déclarer ? » sur tous les panneaux routiers de sens interdit et de défense de stationner dans les rues des galeries d’art du quartier Saint-Germain-des-Prés.

Il a invité les artistes de l’époque à lui envoyer des œuvres d’art à déchirer pour faire des expositions hygiéniques sous sachets plastiques (la « Déchirure des œuvres d’art », à laquelle ont participé plus de 300 artistes).

Il recourait dans ses performances à des médias alternatifs non élitistes, tels que les signalisations imaginaires dans les rues ou dans les champs avec des questionnements politiques, écologiques ou poétiques. S’improvisant pharmacien en blouse blanche, il a établi sa table de prescriptions pour des dialogues publics, dans des villages, à Milan, sur la place de la Cathédrale, ou encore, à Sao Paolo, Place de la République, à l’époque de la dictature militaire.

Il y offrait après des consultations avec chaque personne pilules et prescriptions dûment remplies (pilules pour la liberté, contre l’art conceptuel, pour être intelligent, pour être artiste, pour être heureux, contre l’argent, pour le progrès, contre la pollution, pour changer le monde,….).

Il a multiplié les envois d’art postal et les tampons d’artistes, les cartes d’identité imaginaires, les échanges de pages d’information locale des journaux quotidiens entre plusieurs pays, l’autogestion avec des collectifs pendant une semaine de plusieurs grands quotidiens, tels que Het Parool, à Amsterdam.

Ces interventions engagées l’ont conduit en 1983 jusqu’à la création de l’ « Evénement social imaginaire – Où va la rue ? », pour lequel il a pu ouvrir gratuitement aux gens de la rue le Musée d’Art Moderne de Mexico,pendant quatre mois sur le thème « Qu’est-ce que la société mexicaine ? ». Cette action interactive, qui a donné lieu à l’intérieur même du musée, à une création populaire collective de plus de 6 000 dessins, textes, objets et entrevues vidéo a suscité une polémique fracassante à Mexico, sur le rôle du musée, sur l’art et sur la société contemporaine. Elle demeure à ce jour l’une des démarches les plus représentatives et extrêmes de l’art sociologique et de son mode de questionnement et d’interpellation.

Estimant avoir atteint la fin d’un cycle, Hervé Fischer se tourne alors vers les arts numériques, au Québec, où il y est reconnu comme pionnier

fondateur, suite notamment au roman télématique francophone « Les nouvelles aventures de Marco Polo », qu’il a mis en oeuvre, en 1984 sous le patronage de Umberto Eco et Italo Calvino.

Hervé Fischer, artiste engagé et globe trotter

Hervé Fischer a été le théoricien de l’art sociologique au début des années 1970. Il a cofondé la Cité des Arts et des Nouvelles Technologies de Montréal en 1985. Il a participé notamment aux Biennales de Venise et de Sao Paulo, à la Documenta de Kassel et présenté des expositions solo dans de nombreux musées nationaux et d’art contemporain (Paris, Rotterdam, Sao Paulo, Montréal, Mexico, Buenos Aires, Montevideo, Santiago, La Havane).

Le Musée d’Art Moderne de Céret lui a consacré en 2010-11, une exposition rétrospective et un important catalogue. Il est présent dans de nombreuses collections publiques, notamment celle du MNAM(Musée National d’Art Moderne) au Centre Georges Pompidou

Il a publié de nombreux livres sur l’art, les technologies numériques, la mythanalyse et la théorie de la divergence.

En 1979, un an avant son départ pour le Canada, Hervé Fischer a déclaré au cours d’une performance au Centre Georges Pompidou à Paris : « l’Histoire de l’art est terminée », avant de publier sous ce titre un livre qui fit grand bruit

Puis en 2010, il fait le point dans un ouvrage intitulé « L’avenir de l’art » dans lequel il montre comment la crise généralisée de l’art postmoderne, si durement dénoncé, constitue en fait l’écho légitime de la crise de sens et de valeurs que nous traversons. Mais il en prend le contre-pied en évoquant l’avenir de l’art. Une véritable tour de Babel des arts émerge aujourd’hui, qui met fin au monopole de l’art occidental et ouvre de nouvelles voies.

Il insiste sur l’importance à venir de « l’esthétique interrogative » dont il s’était fait l’initiateur dans l’art sociologique, et qui redonne à l’art toute son importance dans son engagement face au futur.

 

 

 

Bureaux d'identité imaginaire
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